Offre Pédagogique

Cinq propositions de parcours thématiques ont été élaborées pour guider les enseignants dans leur découverte d’Anvers comme support de cette classe européenne et culturelle :

1. Rubens, peintre, humaniste et diplomate

Comment mener de front une carrière d’artiste prolifique, de diplomate pour les grandes cours européennes, gérer une véritable entreprise et fréquenter les intellectuels de son temps ? Anvers au Siècle d’Or le rend possible.

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Pierre Paul Rubens (1577-1640) est le grand peintre d’Anvers. Sa maison-atelier, véritable « usine à peindre » où il a formé de nombreux élèves, a vu passer de grands noms de la peinture flamande du « siècle d’or » comme Jacob Jordaens ou Antoine Van Dyck. Cet atelier est au cœur de la ville d’Anvers comme il est au cœur de son œuvre prolifique. Retrouver cette ambiance d’atelier, faite d’apprentissage de techniques, d’imprégnation des maîtres mais aussi de recherche de nouveautés, est une clé de cette proposition de parcours. L’œuvre considérable de Rubens est une porte d’entrée idéale pour explorer l’art de la peinture flamande d’hier et d’aujourd’hui à travers ses genres et son évolution. En plaçant les élèves dans la situation des apprentis peintres, il s’agit de leur faire comprendre les liens qui se tissent entre l’héritage des classiques et les formes nouvelles. Et ainsi, grâce au patrimoine anversois et à la vitalité de ses plasticiens contemporains, d’amorcer un dialogue avec l’art, dans l’analyse et la pratique.

« Rubens a beaucoup appris des maîtres italiens sur la représentation des émotions et des réactions humaines. » Joost Vander Auwera

Rubens fut aussi l’un des premiers grands Européens. Un homme qui savait tisser des liens et croiser les influences des grands foyers artistiques et intellectuels. Son métier de peintre lui permit d’approcher les Grands de son temps. Il devint diplomate et fréquenta les principales cours européennes. Son destin se confond souvent avec son époque. Homme de la transition entre l’Italie et la Flandre, entre la Renaissance et le Baroque, son œuvre fait cohabiter l’art et l’argent. Sa vie interroge l’identité européenne dans sa richesse et ses tensions d’hier comme d’aujourd’hui.

Propositions de modules thématiques

Module 1 : L’œuvre de Rubens : une traversée des genres picturaux

Peintre de cours ou peintre de l’intime, Rubens s’est essayé à tous les genres picturaux et en a maîtrisé les codes. Dès lors, l’entrée dans son œuvre peut constituer une exploration de la diversité des genres en peinture qui connurent une véritable explosion au Siècle d’Or.

Module 2 : Le peintre et son atelier : l’industrie de l’art hier et aujourd’hui

Rubens aura réalisé plus de 2500 tableaux dans sa vie, soit près d’un à deux tableaux par semaine ! Tous n’ont donc pu être réalisés entièrement par l’artiste. Rubens ne s’en cachait nullement. Il disposait d’un atelier exceptionnel par sa taille et par la qualité des collaborateurs qui y exerçaient. Aujourd’hui encore, on peut parler d’ateliers d’artistes contemporains collaboratifs : Wim Delvoye dessine sur ordinateur et fait réaliser ses œuvres dans le bois ou l’acier. Au delà du processus de création, l’art est aussi une industrie, un commerce qui, depuis le siècle d’or, intéressent de multiples professions.

Module 3: Rubens diplomate européen, les cours princières d’Europe

Peintre recherché et admiré, Rubens fréquente les cercles royaux et les cours européennes, il a exécuté de nombreuses missions diplomatiques pour leur compte. Rubens parle et écrit plusieurs langues, le latin, l’italien, le français, le flamand et l’espagnol. Selon les témoins de l’époque, il était doué d’un talent oratoire et diplomatique. Sa carrière artistique s’est donc étroitement mêlée à sa carrière de diplomate. Ses voyages le conduisent en Espagne, en Italie, en Angleterre et vers les Provinces-Unies. Par sa vie, son œuvre et son action, il est un artiste de dimension européenne sans équivalent.

Module 4 : La peinture de Rubens et la Réforme catholique : « Anvers, la Rome du Nord »

Anvers est un lieu essentiel pour étudier la question de la Réforme protestante et de la Contre Réforme catholique. En 1566, la ville est victime du Beeldenstorm, (crise iconoclaste) déclenché par les calvinistes hollandais. Les iconoclastes briseront toutes les statues et œuvres d’art dans la plupart des églises de la ville. Lorsque la ville repasse aux mains d’un pouvoir catholique, la Contre-Réforme édictée par le Concile de Trente est en marche. Il faut décorer les lieux de culte avec faste. Rubens a été un des artisans privilégié de la reconquête tridentine. Il donne notamment à la ville quatre chefs-d’œuvre baroques qui ornent aujourd’hui la cathédrale.

Module 5 : L’héritage de Rubens : l’art baroque et la création contemporaine

Anvers, lieu d’échanges et de rencontres, fut souvent à l’avant-garde des mouvements artistiques. Comment cette ville fut-elle un creuset porteur de renouvellement dans les arts plastiques après l’époque de Rubens ? Nous tenterons d’approcher cette notion d’avant-garde en tissant des liens entre le passé et le présent et en conviant des créateurs et des artistes anversois d’aujourd’hui.

2. Anvers, ville portuaire

C’est quoi un port ? Des équipements, un esprit cosmopolite ? Anvers est une ville ouverte à tous les flux et influences, une ville d’échanges et de passages, une ville sensible aux apports des différentes migrations et aux vibrations du monde depuis le Moyen Âge. Elle répond à la définition même de la ville portuaire.

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Course, grand large, aventure : les ports ont toujours été le lieu du départ et du rêve. Départ des marins au long cours, des capitaines des bateaux de commerce, des colons sur les lignes régulières avec le Congo ou des migrants vers le nouveau monde sur les navires de la Red Star Line. Écouter leur témoignage, retracer leur destin, c’est vivre ce lieu ouvert sur le monde.

L’exploration du port d’Anvers est tout à la fois une plongée dans l’histoire, dans le quotidien de son activité trépidante et dans l’imaginaire. Elle commence sur le toit du MAS, sur la rive de l’Escaut, par la lecture du paysage qui nous donne à voir l’avancée progressive des équipements portuaires. Elle se poursuit en bateau, en passant par les canaux, les docks, les écluses entre digues et polders, à la découverte de « l’entrepôt de l’univers » devenu zone industrielle et port à conteneurs de la mondialisation.

Ses mutations seront vues à travers l’exploration des cartes ; celles dressées dans le passé et celles élaborées aujourd’hui avec les systèmes d’information géographique. Les plasticiens, les architectes et les artistes ont représenté ce lien de la ville avec son port au long des siècles. On apprendra à lire la ligne d’horizon d’Anvers au bord de l’eau, représentée si souvent par les peintres. On cherchera les empreintes du port dans la pierre et l’urbanisme à toutes les époques.  On retracera son histoire qui illustre les enjeux stratégiques des différentes époques. On visitera aux marges du port un village fantôme, comme mangé par les docks et offert aux plasticiens de rue.

On comprendra comment ce port, lové dans l’estuaire de l’Escaut, n’a cessé de susciter l’activité et la création.

Propositions de modules thématiques

Module 1 : Métropole et port mondial : de l’entrepôt de l’univers au port de la mondialisation

Anvers est une ancienne métropole européenne de premier plan et l’un des ports majeurs du continent depuis des siècles. Aujourd’hui, premier pôle générateur de flux en Belgique, Anvers est une plaque tournante des échanges européens et mondiaux sur les plans maritime et terrestre. Son rôle majeur est conditionné par la mise en réseau des infrastructures portuaires, terrestres. Anvers constitue pour les élèves, une excellente étude de cas: celle d’un port sur une façade maritime majeure de l’espace mondial (la Northern Range) connecté au monde par des flux d’échanges multiples.

Module 2: Anvers en cartes : de Mercator au port mondial

Comprendre et représenter l’espace à travers les cartes est une compétence devenue essentielle aujourd’hui. Les premières cartes connues ont été souvent des cartes maritimes et les premiers recueils de cartes furent des portulans. Apprendre à lire un paysage et regarder à travers le temps les représentations cartographiques du port d’Anvers, donne à comprendre l’organisation d’un espace complexe. Depuis les cartes de Ferraris, mises en ligne par la Bibliothèque royale de Belgique, jusqu’aux globes virtuels et aux SIG, il s’agira d’observer et d’analyser les évolutions des espaces représentés sur des échelles de temps variables et de jouer avec les outils modernes de la cartographie.

Module 3 : Le port en représentation : espace portuaire et création

Le port et ses activités ont été une source d’inspiration pour les artistes. Ces derniers ont représenté majestueusement les rives de l’Escaut ou dressé le portrait des métiers les plus modestes,  C’est ce rapport des artistes à leur ville et au quotidien de ses habitants que nous tenterons d’approcher.

Module 4 : Port, architecture et urbanisme : l’influence de la mer sur la ville

La ville d’Anvers porte la trace de son activité portuaire qui marque l’espace urbain de son identité. Il s’agira de voir l’évolution des activités portuaires dans le tissu urbain : les projets de requalifications urbaines élaborés au fil du temps avec l’éloignement progressif de ces activités ; les réhabilitations des infrastructures urbaines et leurs réaffectations à d’autres fonctions ; la conquête des rives de l’Escaut pour des fonctions résidentielles. Cela sans négliger l’extraordinaire influence, diffuse ou marquée, de l’identité maritime sur l’architecture de la ville d’hier et d’aujourd’hui.

Module 5 : Destins du port : capitaines, migrants et marchands

Course, grand large, aventure : les ports ont toujours été le lieu du départ et du rêve. Départ des marins au long cours, des capitaines des bateaux de commerce, des colons sur les lignes régulières avec le Congo ou des migrants vers le nouveau monde sur les navires de la Red Star Line. Écouter leur témoignage, retracer leur destin permet de comprendre ce lieu ouvert sur le monde. C’est ce monde et ces destins croisés que nous ferons revivre en approchant le quotidien de ceux qui ont vécu à Anvers ou qui n’ont fait qu’y passer, mais qui ensemble ont fait l’histoire de ce port cosmopolite et ouvert sur le monde.

3. Anvers et le monde des images et des formes

Quels liens les œuvres d’art entretiennent-elles avec le lieu qui les a vu naître ? La production artistique est-elle le miroir d’une société ? Pourquoi Anvers l’industrieuse s’est-elle imposée au travers les siècles comme une des capitales des arts en Europe ?

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La force et la vitalité des artistes anversois reflètent celles de la ville au fil des siècles. Contre vents et marées, la ville s’est toujours relevée et a su innover, trouver d’autres chemins pour poursuivre sa course.

La découverte du patrimoine artistique anversois passe naturellement par celle des maîtres de la peinture flamande : les grands du « siècle d’or » – comme Rubens, Van Dyck et Jordaens – dont les oeuvres n’ont cessé d’être revisitées. Son exploration passe aussi par celle des artistes contemporains anversois : des peintres comme Luc Tuymans ou encore des artistes plasticiens tels Jan Fabre ou Panamarenko. Leurs créations tissent  des liens entre hier et aujourd’hui, tout comme les romans graphiques contemporains trouvent leur source dans l’art de la narration picturale des primitifs flamands.

Comprendre l’œuvre c’est aussi comprendre la place qu’occupent l’art et les artistes dans la société. L’art à Anvers s’est épanoui dans l’ombre des marchands. Aux XVIe et XVIIe siècles, la ville devint l’épicentre du marché de l’art en Europe. Les artistes sont riches et reconnus, comme en témoigne la maison-atelier de Rubens. Les imprimeries anversoises, comme celle des familles Plantin et Moretus,  font connaître à un plus large public les grands artistes grâce à la gravure.

L’étude des genres picturaux est aussi un moyen de comprendre la mutation d’une société et d’approcher l’histoire de l’Europe. Le cabinet d’art, genre pictural très répandu en Flandre, témoigne alors de l’accès d’un patriciat aisé à la production des plus grands artistes de leur temps. Dans le domaine de l’art sacré, le baroque flamand qui s’épanouit à Anvers, la « Rome du Nord », montre la volonté de reconquête de la contre-réforme catholique dans une Europe du nord investie par le protestantisme.

Propositions de modules thématiques

Module 1 : L’art Flamand au travers les siècles : des primitifs à Jan Fabre, quel dialogue possible ?

L’art, sa production et son commerce sont une constante de l’histoire d’Anvers. Le thème permet d’aborder l’histoire des arts sur le temps long, d’évoquer un secteur qui fit la prospérité de la ville et s’est substitué au commerce traditionnel des draps ou des métaux précieux, lors de la fermeture de l’Escaut au XVIIème siècle.

Module 2 : du retable à la bande dessinée : l’image narrative

L’art pictural est important dans l’histoire d’Anvers. Il s’agit de tracer les lignes de force de cette histoire et donc d’établir une concordance des temps. On prendra appui sur l’image narrative en associant les maîtres du passé à la création contemporaine. Image narrative comme représentation du monde, reprise par la bande dessinée et le roman graphique ; elle constitue la manifestation d’une société en perpétuelle évolution et recherche de représentations.

Module 3 : Le poids des images : de prestige et de pouvoir, du 16e siècle à nos jours

L’image a longtemps été l’apanage des puissants. L’image comme art de la représentation est une mise en scène du réel qui donne à voir aux autres prestige et pouvoir. C’est donc un art qui possède ses codes et ses symboles. Dans le passé, tous les genres picturaux sont d’ailleurs convoqués, que ce soit la peinture historique pour célébrer la gloire, la peinture d’intérieur pour montrer sa richesse ou encore le portrait. Hier comme aujourd’hui, la place de l’image dans la société pose la question de la représentation et de ses formes. Notre culture contemporaine dans la création artistique comme dans l’information par l’image n’échappe pas à ce questionnement quotidien.

Module 4 : Rubens, Van Dijck, Jordaens, les maîtres de la peinture flamande du « Siècle d’Or » : comment devient-on un peintre célèbre aux XVIe et XVIIe siècle ?

Le Siècle d’Or constitue un moment privilégié de l’histoire d’Anvers. Les grands maîtres de la peinture anversoise ont fortement marqué de leur empreinte l’histoire de la peinture bien au delà des frontières de leur province d’origine. Influencés par les peintres de l‘Europe entière, ils ont à leur tour été l’objet d’admiration et source d’inspiration. Courtisés par les cours d’Europe pour s’attacher leur talent, certains d’entre eux parcoururent le continent incarnant aux côtés des intellectuels de leur temps les premières figures de dimension véritablement européenne.

Module 5 : Promenade au parc : le musée de sculptures en plein air de Middelheim

Le musée de Middelheim a ouvert ses portes en 1951. Il est un extraordinaire témoignage de l’évolution de la sculpture européenne. L’accent est mis sur les sculpteurs considérés comme des novateurs à leur époque, depuis Rodin jusqu’à nos jours. Le musée mène une politique d’acquisition d’œuvres contemporaines ainsi qu’une réflexion sur la question de l’art dans l’espace public. Depuis 2006, le musée délocalise ses sculptures pour les exposer dans le centre d’Anvers. Un groupe de travail, Beeld in de Stad conseille la commune en matière d´art dans la ville. Le musée réunit aujourd’hui environ 480 sculptures, dont 300 sont disséminées dans le parc.

4. Anvers la « triomphante ville des marchands »

Quelle place occupent les marchands anversois au travers des siècles dans les transformations de leur ville et dans les formes de créations où elle s’est illustrée ? Marchand, marchandise, marchandisation ; de ces réalités matérielles, de cette recherche de profits par l’échange, sont nés des bouleversements qui dépassent de loin le simple domaine commercial.

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Depuis le Moyen Age, la ville accueille des communautés de marchands du monde entier. On ne peut découvrir Anvers sans explorer le monde de ceux qui ont largement contribué à la prospérité de la ville.

« Anvers dans le monde et le monde au cœur d’Anvers. » Exposition, Museum aan de Stroom (MAS), 2012

Draps, mode, métaux précieux, diamants, œuvres d’art, Anvers se distingue hier comme aujourd’hui par un commerce des produits de luxe dont le quartier des diamantaires est aujourd’hui l’emblème.

Le luxe se retrouve dans l’éclat des demeures des patriciens anversois que l’on peut admirer ou visiter, depuis les maisons à pignon de la Grand’ Place jusqu’aux maisons de style éclectique XIXe et art nouveau du triangle d’or du quartier de Zurenborg. Pour cette élite urbaine, ces « sinjoren », collectionner l’art est depuis le Moyen-Age une manière de se distinguer. Au Siècle d’Or, ils se faisaient tirer le portait, à l’image des Princes, par les plus grands peintres, dans des costumes qui rivalisaient de faste. L’étude de ces portraits nous montre combien leurs destins ont contribué à la naissance de l’individu dans une société marquée par les rigidités sociales. Monde du risque et de l’entreprise, de la richesse et de l’ingéniosité, le monde des marchands d’Anvers nous fait aussi entrevoir hier comme aujourd’hui le prix de la liberté et du prestige.

Propositions de modules thématiques

Module 1 : Voir et être vu : le faste des patriciens anversois

Les Anversois sont parfois appelés les  « sinjoren », les seigneurs. Cette dénomination révèle la puissance et la richesse des patriciens anversois, nés de l’essor du commerce. Dans l’Europe des Princes, ils appartiennent à une nouvelle catégorie sociale, celle des élites urbaines qui en Italie ou aux Pays-Bas accèdent au pouvoir politique. Ils promeuvent une nouvelle forme de reconnaissance sociale qui n’est plus fondée sur la naissance mais sur la réussite et la richesse. Ils développent des formes nouvelles de sociabilités, de stratégies familiales, de fusion des élites et affirment la notion d’individu. Cette puissance s’inscrit dans les portraits que cette élite commande aux grands peintres du temps mais également dans le faste de leur demeure et des collections qu’elles recèlent.

Module 2 : Du commerce du drap aux créateurs de mode

La production et la commercialisation des textiles sont une constante de l’histoire de la ville. Anvers fut un centre du commerce du drap, un produit de luxe. Cette tradition se perpétue aujourd’hui à travers les créateurs de mode flamands, tissant un lien entre le passé et le présent dans la production et le commerce des textiles et de la création qui s’y rattache.

Module 3 : L’art du portrait : la naissance de l’individu, un témoignage de la mode vestimentaire

L’art du portait est un genre en soi de la peinture. Rubens et son atelier (notamment Van Dyk) furent des portraitistes majeurs et prolixes. Le Siècle d’Or voit un développement nouveau du portrait qui n’est plus l’apanage de l’aristocratie mais gagne en particulier le patriciat urbain. Mais le portrait est partout, y compris dans la peinture religieuse. La question est de savoir où s’arrête le genre. De nombreux tableaux appartenant à la peinture de genre, comportent des portraits, notamment de personnes plus modestes (paysans, vagabonds, etc), invisibles jusque-là dans l’art. La notion d’individu est en train de naître à la fois pour les privilégiés capables de commander un tableau à un peintre renommé, mais aussi à travers l’évocation des plus humbles. Les portraits donnent également à voir la naissance de la mode vestimentaire. Le costume n’est plus seulement un élément d’identification sociale ou d’appartenance à une institution ou une corporation, il devient aussi un élément de distinction individuelle.

Module 4 : La mondialisation illustrée par le commerce du diamant

On ne peut évoquer Anvers sans songer au commerce du diamant. La ville reste aujourd’hui une plaque tournante majeure et florissante de ce commerce international et possède un quartier actif des diamantaires ; lieu ouvert sur le monde mais réservé aux initiés. Évoquer ce commerce du diamant, c’est considérer un produit intégré depuis longtemps dans les processus de la mondialisation ; celui de la colonisation pour ses débuts jusqu’à la mise en réseau du monde. Il s’inscrit dans la tradition d’Anvers, carrefour du commerce des produits de luxe au départ et à l’arrivée de destinations lointaines. Ce commerce du diamant est dominé par des communautés qui cherchent dans l’intimité de leurs liens la confiance indispensable à ce commerce. Ces communautés, qu’elles soient juive ou plus récemment indienne ont marqué profondément la ville de leur empreinte et renforcent le cosmopolitisme d’Anvers.

5. L’Europe : des valeurs et une histoire en partage

Pourquoi culture et Europe sont-elles aujourd’hui intimement liées ? « Etre Européen », qu’est-ce que cela signifie ? Pour donner toute sa cohérence à ce séjour en associant exploration de la culture et appartenance européenne, plongeons-nous dans le monde des institutions de l’Union ; vivons l’avancée quotidienne ce grand projet d’une Europe enfin unie et redécouvrons cette histoire partagée.

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Culture et citoyenneté européenne sont au cœur du projet Rubens. Bruxelles se trouve à moins de 50 kilomètres d’Anvers ; un aller-retour pour une journée de découverte des institutions européennes est donc très facile à envisager.

Le rappel des idéaux qui ont accompagné la construction européenne depuis ses origines, l’identification des grandes figures européennes depuis les pères fondateurs seront associés à une découverte du fonctionnement des institutions aujourd’hui.

La visite du quartier européen constitue un premier contact avec les institutions à travers les bâtiments qui les accueillent depuis le Berlaymont, résidence de la commission depuis 1969, l’espace Léopold, complexe de bâtiments parlementaires achevé en 1992, le bâtiment Justus Lipsius, siège principal du Conseil de l’Union européenne depuis 1995, jusqu’au dernier né, le bâtiment du conseil européen qui inauguré en 2015.

À l’initiative du Parlement, un parcours d’accueil des visiteurs est en train de voir le jour. Le Parlamentarium est la première pierre d’un véritable itinéraire de découverte passant par le nouveau centre des visiteurs, l’infopoint, le bureau d’information du Parlement Européen en Belgique et la Maison de l’histoire européenne qui ouvrira ses portes en 2015. Le Parlamentarium propose entre autre, un jeu de rôles destiné à des groupes d’élèves de l’enseignement secondaire, destiné à découvrir le quotidien d’un député européen.

« Unie dans la diversité »
Devise de l’Union européenne

On s’efforcera de vivre le fonctionnement des institutions au quotidien et de donner un visage à ceux qui font l’Europe aujourd’hui.  La visite de l’hémicycle du parlement sera accompagnée de rencontres éventuelles avec des parlementaires, des attachés parlementaires, des traducteurs, des journalistes détachés à Bruxelles, des membres d’ONG, de cabinets de lobbying, qui montreront la diversité des hommes et femmes qui font les institutions ou qui gravitent autour d’elles.

Propositions de modules thématiques

Module 1 : Urbanisme et architecture : Bruxelles accueille les institutions européennes

Atelier jeu de rôle : être député européen

Module 2 : L’histoire de l’Union européenne : des hommes et des valeurs

Atelier : À la rencontre des professionnels qui font l’Europe à Bruxelles

Ces propositions constituées de plusieurs modules forment des ensembles cohérents qui peuvent être adoptés comme des projets « clé en main » que les enseignants s’approprieront selon leurs objectifs pédagogiques. Mais cette offre peut tout autant s’adapter à la demande. Les modules permettent aux enseignants si ils le souhaitent de les recombiner et de construire des parcours originaux. La qualité du projet Rubens repose sur sa flexibilité. Il s’efforce de faire sienne l’ambition et le projet des enseignants responsables des groupes tout en les guidant sur un terrain où nos intervenants détiendront l’expertise.

Pour chaque module, des ressources pédagogiques et didactiques sont proposées. Elles  permettent un travail en amont : des documents sous forme de supports écrits, vidéo et audio sont mis à disposition sur l’intranet du site. Elles offrent également des références précises au  socle commun de connaissances et de compétences, et fournissent des outils d’aides lors des visites, des fiches pédagogiques pour les ateliers, des documents d’évaluation et des pistes de prolongement après le séjour.

« Nous aspirons à une Europe où la diversité des cultures, les arts, le patrimoine culturel et naturel sont essentiels au développement d’une véritable ouverture d’esprit et des droits fondamentaux. » Conseil de l’Europe

Ces  propositions se veulent décloisonnées en termes disciplinaires, ouvrant le champ à des appropriations et des adaptations multiples et variées. La place centrale occupée par l’art dans ce projet doit être envisagée tout à la fois sous l’angle des arts plastiques et de ses pratiques mais également de celui de l’histoire des arts. Il s’agit de découvrir l’art comme témoignage d’une société, d’une époque.

A ce titre, la dimension européenne du projet restera présente à tous les instants. Il s’agira d’abord d’envisager la ville d’Anvers comme l’illustration de l’identité et de l’histoire européenne. Etant donné la proximité de Bruxelles, un parcours sur l’Europe, ses valeurs et son histoire sera organisé lors du séjour et fait également l’objet d’un parcours spécifique.